Le convoi de l’opposant sénégalais Ousmane Sonko s’est mis en route ce vendredi 26 mai depuis la ville de Ziguinchor, avec une foule de partisans, en direction de la capitale Dakar, située à 500 km de là.
Revêtu d’une chemise blanche et coiffé d’une casquette, Ousmane Sonko a entamé sa « caravane de la liberté » depuis Ziguinchor, perché sur son véhicule, entouré de partisans en voiture, à moto et à pied. Le départ était prévu à midi, mais de nombreuses cérémonies autour de la résidence de M. Sonko ont retardé le départ de la caravane.
Cinq femmes et trois hommes, accroupis autour d’une calebasse remplie de sel et de pépins de fruits sauvages, ont prié pour un voyage paisible. Puis, une autre femme, tenant une gerbe de riz qu’elle a dispersée sur le trajet de la caravane, a finalement donné le signal de départ. « Nous sommes sereins. Après Kolda, nous renforcerons la sécurité pour la suite », explique Bassirou Coly, adjoint au maire et coordinateur du Pastef de Ziguinchor.
C’est donc vers 13 heures qu’une voiture aux vitres teintées est lentement sortie de la résidence. Ousmane Sonko a agité ses deux mains en signe d’au revoir envers ses partisans. Une bousculade s’en est suivie. Les jeunes, surexcités, voulaient voir et toucher leur « héros » avant son départ pour Dakar.
Nous sommes prêts à nous battre pour élire Ousmane Sonko !
« Notre liberté sera définitivement acquise »
À la sortie de la capitale de la Casamance, en milieu de journée, le cortège a emprunté la Nationale 6, également connue sous le nom de « route du Sud ». Mais c’est à Kolda, chef-lieu de la région du même nom, que le convoi a effectué sa première escale. Toutefois, il est resté bloqué dans la soirée en raison d’affrontements avec les forces de l’ordre. Des gaz lacrymogènes ont été tirés. Le calme est maintenant revenu. Ousmane Sonko devrait donc passer la nuit ici avant de reprendre la route vers Dakar. Le cortège ne traverse pas la Gambie et doit donc emprunter un détour, normalement via la ville de Tambacounda.
Lors d’une brève déclaration, près de la localité de Goudomp, Ousmane Sonko a appelé les jeunes à rester « mobilisés ». « Notre liberté sera définitivement acquise dans neuf mois », a-t-il déclaré, faisant allusion à l’élection présidentielle prévue le 25 février 2024.
Mercredi, lendemain de son procès pour viols au cours duquel une peine de dix ans de réclusion a été requise, Ousmane Sonko avait appelé à « marcher sur Dakar » pour « le combat final » contre le chef de l’État. L’opposant dénonce une « instrumentalisation de la justice » visant à l’écarter de la course à la présidentielle. « Soit Macky Sall recule, soit nous lui ferons face », avait-il affirmé. De son côté, le porte-parole du gouvernement a prévenu hier : « Quoi qu’il en coûte, l’ordre public sera maintenu ».
Selon des collègues et des témoins présents dans le convoi, aucune tension n’était palpable ce vendredi soir. Les partisans d’Ousmane Sonko chantent et applaudissent. Un peu plus tôt, à Ziguinchor, ils avaient démantelé les barricades – sacs de sable, barres de fer et troncs d’arbres – qui avaient été installées autour de la résidence du maire depuis près de deux semaines.
