jeudi, juillet 2, 2026

Sud-Kivu : Les groupes Gumino et Twirwaneho recrutent massivement des enfants – Un rapport accablant de l’ONU dévoile l’horreur cachée

A la Une

Dans la région du Sud-Kivu, de nombreux groupes armés ont franchi une ligne rouge en recrutant activement des enfants de moins de 18 ans pour participer à des hostilités ou remplir des rôles auxiliaires, en violant ainsi le régime des sanctions. Les experts des Nations Unies, dans leur dernier rapport, ont réuni des preuves indéniables de la présence d’enfants au sein de divers groupes Maï-Maï, ainsi que des groupes Gumino et Twirwaneho. Quelles sont les conclusions de ce rapport ?

Le Programme de Désarmement, de Démobilisation, de Relèvement Communautaire et de Stabilisation a permis de démobiliser un grand nombre d’enfants, et de nombreux groupes ont manifesté leur engagement à libérer les mineurs, à une exception près : les Twirwaneho et les Gumino. Ces derniers ont fermement opposé leur veto au processus, niant obstinément l’existence même d’enfants au sein de leurs rangs.

« Sous la direction de Makanika, les Twirwaneho ont poursuivi un recrutement massif, incluant des enfants âgés à peine de 12 ans. Ces enfants étaient employés pour garder des positions, effectuer des patrouilles, collecter des renseignements, participer à des opérations de combat, servir d’escorte personnelle ou travailler comme domestiques dans les camps militaires. Des commandants tels que Makanika, Charles Sematama, Freddy Rushombo, Kamasa et Gakunzi ont fait appel à des mineurs âgés de 14 à 15 ans, les utilisant notamment comme escorte armée. De nouveaux combattants, y compris des mineurs, continuent d’être recrutés à différents niveaux, du local au régional, notamment par la force, avec une préférence marquée pour la communauté Banyamulenge », souligne le rapport récent du Groupe d’Experts.

Selon les conclusions des experts, les Twirwaneho continuent de s’appuyer sur des civils armés dans les villages, formant une sorte de force de réserve mobilisable en cas de besoin, que ce soit pour repousser des attaques ou mener des opérations offensives.

« Lors d’une visite effectuée par le Groupe d’experts à Minembwe en mars 2023, les notables locaux, les responsables de la société civile et les représentants de la communauté ont ouvertement admis que tous les membres de la communauté, y compris les femmes et les écoliers, participaient aux combats en cas de menace. Plusieurs sources ont indiqué qu’une campagne massive de recrutement et de formation avait été menée durant l’été 2022. Des élèves à partir de 12 ans, des enseignants et des pasteurs ont été enrôlés et ont suivi un entraînement militaire obligatoire d’au moins un mois pendant les vacances scolaires. La plupart des recrues ont été formées dans un camp situé dans la forêt de Bijabo, et Makanika lui-même faisait partie des formateurs », révèlent les experts de l’ONU.

Par la suite, certains enfants sont restés dans les camps militaires, tandis que d’autres sont retournés dans leurs villages, armés et intégrés à une force de réserve.

« Des enfants démobilisés ont déclaré qu’ils devaient effectuer des patrouilles de nuit. Saint Cadet Ruvuzangoma, président de la Société civile de Minembwe et membre actif des Twirwaneho, a confirmé lors d’un entretien avec le Groupe d’experts que tous les jeunes Banyamulenge à Minembwe effectuaient des « rondes » pour patrouiller autour des villages, et que les « inexpérimentés », y compris les « élèves » qui ne savaient pas manier une arme, avaient tous suivi une formation durant l’été 2022 afin de « faire face efficacement aux attaques ». Bien que certains recrues aient rejoint les Twirwaneho de leur plein gré, le recrutement forcé reste monnaie courante. De nombreux civils ont été tués ou sanctionnés pour avoir refusé de s’engager ou de livrer leurs enfants », précise le rapport.

Les Twirwaneho et certains dirigeants locaux s’opposent farouchement à la démobilisation, rappelle le rapport du Groupe d’Experts.

« Ils ont proféré des menaces à l’encontre des biens et de la base de la MONUSCO à Minembwe, si celle-ci maintenait le processus de démobilisation. À la suite de l’assassinat d’un Casque bleu à Minembwe le 30 septembre 2022, le nombre de démobilisations facilitées par la MONUSCO a considérablement diminué, et une autre organisation impliquée dans la démobilisation a suspendu ses activités dans la région », déplore le rapport.

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here

Articles les + récents

L’Union Européenne poursuit ses réflexions sur un soutien logistique dans la résolution de l’agression Rwandaise

Dans une démarche diplomatique visant à résoudre l'agression dont fait l'objet la République Démocratique du Congo (RDC) de la...

A lire