jeudi, juillet 2, 2026

Hypocrisie diplomatique : Denis Sassou Nguesso sonne le glas, la RDC doit s’assumer ! [ Tribune libre]

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Depuis la nuit de temps, la RDC est condamnée à composer avec la République du Congo, dit Congo-Brazzaville à l’Ouest tout comme avec le Rwanda à l’Est.

Ces deux pays ont beau être tous des pays limitrophes de la RDC mais les relations entre le pays de Lumumba et ses deux voisins n’ont jamais étés les mêmes. Si le Congo Brazzaville est considéré comme un partenaire naturel, en ce que les deux Congo ont les capitales les plus rapprochées au monde et qu’ils partagent le fleuve dont chacun tire son nom, le pays de Massamba Débat est aussi un partenaire traditionnel à la RDC en ce que les deux pays partagent des ethnies, des langues, des mœurs et l’histoire commune est plus ou moins paisible, à quelques événements près.

Quand Kinshasa est enrhumée, Brazzaville éternue et vice versa !



En témoigne les conséquences sur Kinshasa des détonations et des explosions du dépôt d’armes de Mpila à Brazzaville, la géographie et la culture ont fait de ces deux pays des États siamois au point que certaines personnes en dehors et même sur le continent africain, ne savent pas distinguer les deux.

Le Président congolais, Dénis Sassou N. peut se permettre d’atterrir directement avec son hélicoptère dans le jardin du Palais de la Nation, son homologue Félix Tshisekedi peut se permettre une traversée sur la fleuve à n’importe quelle heure de la nuit comme de la journée, les musiciens de Kinshasa ont autant de fanatiques et sympathisants dans les deux capitales,… une vraie complicité entre États.

Cette belle idylle est très probablement à l’apocalypse de son existence tant Sassou Nguesso a porté un coup fatal à ces longues années de complicité en prenant partie pour le fossoyeur des congolais, instigateur des différentes guerres d’agression depuis plus de 25ans ; lisez Paul Kagame.

Les États n’ont pas d’amis, que des interêts, dit-on.

Les intérêts des États ne se justifie pas par l’affiliation des humains qui les animent mais plutôt par la géostratégie, la géopolitique, l’économie, etc,…

Partageant plusieurs organisations régionales et sous régionales, partageant une immense frontière naturelle et rapprochés par l’histoire, le Congo-Brazzaville a toutes les raisons d’entretenir une relation privilégiée avec la RDC plus que tout autre pays.

Les indices chinois !

Bien plus qu’une rencontre normale entre deux chefs d’États dont les pays ne sont pas en conflit, la récente visite de D. Sassou à Kigali est, à plus d’un titre, le signe que Brazzaville a pris partie pour le Rwanda, accusé avec preuves à l’appui d’être l’instigateur de la guerre à l’Est de la RDC.

Sassou, appelé « Doyen », « Le sage », « Empereur » par ses pairs africains, s’est permis de faire l’éloge du sanguinaire Paul Kagame, en le présentant comme un artisan de paix, ceci en négation totale avec tous les rapports internationaux indexant Kagame et son régime.

Par ce discours, Sassou Nguesso, qui du reste n’a jamais condamné l’agression rwandaise contre la RDC, ni même la reconnaître comme telle, vient de prendre position dans un conflit qui oppose son voisin direct (RDC) et le Rwanda, un pays avec lequel il n’a de commun que le passé colonial.

En outre, la décision de Brazzaville de concéder au Rwanda des terres sous couvert d’un projet d’agriculture est en réalité une sorte de duplication de l’infiltration rwandaise de l’Est du Congo vers l’Ouest.

La surmédiatisation et le folklore entourant ce voyage de Sassou au Rwanda ne sont pas anodins, c’est un langage diplomatique fort et clair.

La RDC seule contre tous !

Souvent victime de la cupidité de son sol et son sous-sol, la RDC fait face à un complot ourdi depuis des années, cette machination vise à fragiliser le pays de Mobutu pour ne pas le voir devenir une puissance économique et militaire dans la sous région, les petits territoires qui gravitent autour de la RDC sont tous complexés et entendent bien participer à cette déstabilisation. Ainsi s’explique le soutien d’un État à un État agresseur.

La République Démocratique du Congo est appelée à devenir la grande puissance sous-régionale, c’est une évidence mais pas un acquis tout de même, le pays de Félix Tshisekedi doit exploiter pleinement son potentiel tant humain que matériel pour s’émanciper de toutes ces velléités.

Ce pays immensément riche doit conclure des alliances qui le protège, qu’il s’agisse des partenariats sur le continent ou dans le monde, la RDC doit trouver sa place auprès des partenaires sincères et puissants.

Ben Bryant

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