jeudi, juillet 2, 2026

Retour de Joseph Kabila sur la scène politique : une aventure sans lendemain ! (Tribune Libre )

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Vendredi 16 Juin, les réseaux sociaux sont pris d’assauts ; résurrection à Kingakati : « un mort est revenu à la vie », L’ancien Chef de l’Etat, le Sénateur à vie Joseph Kabila réunit les quelques cadres de sa plateforme politique (FCC) qui lui restent, eh oui, ils ne sont plus qu’une poignée malgré ses 18ans de règne.

Comment quelqu’un qui a dirigé énigmatiquement pendant autant d’années peut perdre si facilement le contrôle de ses troupes ? La question vaut son pesant d’or.

À Kingakati, le très taiseux Joseph Kabila a eu plus des photos prises que des mots à l’endroit de ses poulains. À peine le temps de promettre une prise de parole publique et de rassurer ses hôtes qu’il n’a pas abandonné le navire, JKK s’essaie aussi dans la peau d’un opposant et critique son successeur.

Pourquoi Kabila sort de ses draps maintenant ?

À quelques mois des élections générales (prévues pour Décembre 2023), Joseph Kabila réapparaît, trahissant sa réputation de maquisard, silencieux et observateur, le recteur de l’Université de Kara ; comme le surnomment les kinois, a décidé de jouer le tout-pour-le-tout et jette ses dernières forces dans la bataille, redoutant les conséquences des reformes sécuritaires et économiques telles que la  révision des accords entre la RDC et les partenaires tant étatiques que privés ainsi qu’une totale émancipation de son successeur qui l’a déboulonné en douce.

Voyant ses intérêts privés menacés, Kabila s’est vu obliger de se remettre en scène malgré lui pour sauver les meubles. Le seul qui puisse rassembler le petit troupeau, pousser par sa famille et ses proches, JKK qui se voyait déjà bien en retraite est revenu à la rescousse et prend des risques.

En effet, Si le FCC ou du moins ce qu’il en reste n’a pas assez des députés en 2024, Kabila sera encore plus vulnérable qu’il ne l’est aujourd’hui, à moins de six mois des élections, arrivera-t-il à convaincre un électorat qu’il n’a pas entretenu ? Pour aucun labeur on ne peut espérer une grande moisson. Ainsi, son plan se résume-t-il à saborder et discréditer les prochaines élections qui, vraisemblablement, vont donner une écrasante et renouvelée majorité à tous les niveaux à Felix Tshisekedi.

La politique et la victimisation surmédiatisées : seules alternatives pour J. Kabila et ses troupes !

Après avoir distillé des correspondances un peu partout dans les chancelleries et même à un pays belliqueux comme le Rwanda, Joseph Kabila, dont la suspicion de recourir aux armes pèse sur lui depuis le premier jour qu’il a cédé le bureau de la Présidence, est vu aujourd’hui comme un danger pour la stabilité des institutions du pays. Plusieurs enquêtes convergent sur un coup de force contre l’actuel régime et/ou des actions de sabotage en témoignent les nombreuses poches d’insécurité observées un peu partout dans les pays avec la complicité supposée de certains.

Pour parer à toutes éventualités, Félix Tshisekedi lui s’était attelé à la réforme de l’appareil sécuritaire tout en douce, les anciens tenants du pouvoir militaire et du renseignement ont été soigneusement remerciés et écartés assainissant par ce fait l’appareil sécuritaire fortement infiltré depuis plus d’une décennie.

Joseph Kabila sait qu’il ne peut pas compter sur un coup de force à la manière de Sassou Nguesso sur Pascal Lissouba pour deux raisons principales, entre autres :

La première est d’ordre interne ; c’est l’état d’esprit du peuple Congolais qui non seulement n’a pas pardonné à Kabila sa gestion odieuse et ses dérives qui ont conduit à la mort des personnes comme Shebeya, Bazana, Armand Tungulu, Hussein Ngandu, Thérèse Kapangala et Rossy Mukendi, Mbunza mabe,… mais aussi lui en veut encore pour l’insécurité à l’Est exacerbée par le nombre d’officiers militaires à nationalité douteuse.

La deuxième raison est d’ordre international ; à l’aube de l’itinérance qu’il a confié à ses fidèles collaborateurs, l’homme de Kingakati a dû sentir que la communauté internationale vers laquelle il a essayé de se tourner n’a pas bronché face aux sirènes déployées.

Joseph Kabila qui n’est pas novice en politique sait très bien que dans sa situation, il serait osé de revendiquer une certaine force politique et même une assise populaire, pas étonnant qu’il procède par des ballons d’essai. Le mythe autour du « Raïs » s’étant effondré, l’homme n’a pas pris le risque de s’étendre ; Soumis à une obligation générale de réserve, de dignité, de patriotisme et de loyauté envers l’Etat, telle que précisée à l’art 5, alinéa 2 de la Loi sur les anciens Chefs d’Etat élus du 18/021 du 26.07.2018. À moins qu’il veuille s’attirer la rigueur de la justice, Kabila ne se permettra jamais de parler comme son ancien conseiller spécial en sécurité Jean Mbuyu qu’il a lâché tel un taureau dans une arène.

Kabila dont la parole était très attendue a appris à ses dépens que les congolais n’attendent de lui ni plus ni moins qu’une repentance citoyenne et non des leçons sur la sécurité ou la gouvernance alors que 18 ans durant, le pays a souffert de bien pire, les réactions de l’élite politique ont dû lui en convaincre.

Après avoir entretenu sa propre famille politique dans un flou artistique, constatant la perte de contrôle sur le service de sécurité et l’appareil judiciaire, tout ceci associé à la perte de sa fantaisiste majorité parlementaire, sur fond d’une passion dont il prétend avoir le monopole mais qu’il n’a jamais su prouver, Kabila ne voit sa survie qu’au prix d’un retour sur la scène politique avec un peu plus de médiatisation et de victimisation comme le fait si bien un autre candidat annoncé.

Ce va-tout du Rais est bien risqué et l’homme ne le sait que trop bien. Le FCC et lui, son autorité morale, s’apprête à jouer à la roulette russe politique. Ça passera ou ça cassera face au béton Fatshi, comme aiment bien le présenter ses supporters. Quel verdict pour ce tour de force du fils de Mzée ? Qui vivra, verra. Mais, d’ores et déjà et face aux paramètres sus évoqués, ce come-back de Joseph Kabila et ses affidés n’est qu’une aventure sans lendemain… Qui dit mieux ?

Ben-Bryant Mbuyi

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