jeudi, juillet 2, 2026

Élections en RDC : « tout porte à croire que le FCC n’est pas prêt pour la bataille électorale » (Tribune de Blaise Musala)

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« L’heure, c’est l’heure. Avant l’heure, c’est pas l’heure ; après l’heure, c’est plus l’heure », cette citation de Jules Jouy colle bien avec ce qui arrive au Front Commun pour le Congo (FCC). La famille politique de Joseph Kabila se sent désormais en perte de vitesse. C’est pourquoi elle tient à rattraper son retard, mais cela semble tard pour elle qui pensait que la République allait céder à ses caprices.

Au cours de la plénière de ce lundi 12 juin 2023 au Sénat, les sénateurs du clan Kabila ont claqué la porte de l’hémicycle, refusant de participer à l’examen de projet de loi portant répartition des sièges. Ce même comportement a été observé récemment dans le chef de leurs amis de la chambre basse du parlement. À en croire Francine Muyumba, le FCC réaffirme d’après elle sa position de « participer aux élections dans le délai constitutionnel, à condition d’avoir une CENI consensuelle ». C’est tout sauf du sérieux, et surtout lorsqu’on fait allusion aux déclarations de ceux qui se croyaient intouchables.

Ça fait rire, en même temps ça interpelle la conscience de plus d’un congolais. La politique est un jeu démocratique. Ça ne sert donc à rien de miser sur ses émotions lorsqu’il s’agit des questions qui touchent à l’avenir de toute une nation. Il y a quelques années, le FCC accusait le Chef de l’État, Félix Tshisekedi, de tout manigancer pour éviter la tenue des élections dans le délai constitutionnel. « Pas un jour de plus pour Tshisekedi au-delà de la date fixée par la Constitution », disait-il. Pour l’heure, les choses n’évoluent pas comme l’auraient souhaité les enfants chéris d’hier. Le train est en marche, les retardataires vont s’apprendre à eux-mêmes.

Lors de la période consacrée à l’enrôlement des électeurs, Emmanuel Ramazani Shadary avait clairement souligné que sa famille politique n’y prendrait pas part. Le même mot d’ordre a été donné à leurs militants. Une annonce qui avait d’ailleurs semé du rififi entre eux, car certains n’en voulaient pas. Dans les rangs des frustrés, Minaku, Kimbuta et certaines grandes figures sont à compter. Mais que faire, lorsque le gourou dicte la loi depuis Kingakati ? Ainsi, cette petite analyse permet de comprendre que cadres et militants du FCC ne se sont pas enrôlés.

Entendre aujourd’hui le FCC parler des élections est une vaste blague. La CENI attend organiser les élections au mois de décembre prochain. Le temps de dialogue est largement dépassé. La machine ne va pas s’arrêter pour obéir aux « enfants chéris » qui confondent les époques. Seuls les candidats et électeurs ayant leurs cartes d’électeurs peuvent déjà affûter leurs armes. Plus question de négociation, encore moins de toute sorte des toutes sortes de manœuvres. Le FCC peut retenir qu’il n’a aucune leçon morale à faire aux congolais, encore moins aux institutions du pays. Tous les signaux prouvent à suffisance qu’il ne s’est pas préparé pour cet exercice démocratique.

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